Histoire de la sorcellerie à Salem

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La véritable histoire de Salem

En l’an 1626 de notre ère, un ensemble de pêcheurs, de la compagnie Dorchester de Cape Ann, créât près de la baie de Naumkeag, une petite ville appelée Salem. Cette ville se situe plus précisément dans l’état du Massachusetts, qui se trouve aux États-Unis.

Pendaison à Salem

Pendaison d'une femme reconnue coupable de sorcellerie, dans la ville de Salem


Le nom de Salem est tiré du premier nom de Jérusalem, puisque ce groupement de personnes voyait en cette ville, leur nouveau lieu de richesse et d’abondance. Cette colonie fut dirigée en 1630, par le fameux gouverneur John Endicott.

Mais ce qui rendit la ville de Salem très populaire, est l’incomparable chasse aux sorcières dont elle fût le théâtre au cours de l’année 1692. A cette époque, la religion chrétienne associait la sorcellerie à un pacte avec le malin. La majorité des habitants de cette ville étant protestants, il est évident que recourir aux sciences occultes était contre les principes qui régissaient cette petite ville. D’autant plus qu’avant toute instauration d’une véritable loi juridique, chaque citoyen était jugé par des textes tirés de la Bible. Les faits qui se sont déroulés à Salem sont parmi les plus marquants de l’histoire des persécutions contre la sorcellerie.

Il faut replacer les choses dans leur contexte. A cette époque, la loi est stricte : les personnes reconnues coupables de sorcellerie était condamnées à brûler vives sur un bûcher, ou à être pendues. D’autre part, le Massachusetts est état puritain où le clergé était très influent, sinon omnipotent.

Pour la religion, tout acte surnaturel est le fruit des travaux du démon. Or, à cette époque, la science médicale et les connaissances que l’on avait de certaines maladies étaient encore limitées, voire parfois franchement rudimentaires. Ainsi, les troubles psychologiques et mentaux n’étaient pas encore répertoriés comme maladies. Les crises de nerfs, les convulsions et les troubles comportementaux étaient associés à des possessions démoniaques. Or, la ville de Salem fut précisément frappée en 1692 par une étrange épidémie de pareils troubles du comportement, proches de l’épilepsie.

De nombreuses personnes étant déjà victimes du syndrome, dont la fille du pasteur de la ville, il était nécessaire de rapidement trouver le ou les coupables, qui soumettaient ainsi les habitants de la petite ville tranquille aux forces du Malin.

Des accusations contre des personnes soupçonnées de sorcellerie se diffusèrent rapidement, dans Salem, ainsi que dans les communes alentours telles qu’Andover, Amesbury, Salisbury, Haverhill, Topsfield, Ipswich, Rowley, Gloucester, Manchester, Malden, Charlestown, Billerica, Beverly, Reading, Woburn, Lynn, Marblehead, et Boston.

Le comportement étranges de nombreuses jeunes filles de la ville

Tout a commencé durant l’hiver de l’année 1691. La fille et la nièce du révérend Samuel Parris, respectivement Betty Parris et Abigaïl Williams, se sont comportées d’une façon très étrange, le fait est qu’elles communiquaient à travers une langue inconnue et étaient souvent victimes de convulsions névralgiques.

Après différents examens, la médecine n’a pas pu trancher sur la question. Aucune anomalie, qui pouvait être expliquée médicalement, n’était décelée. L’épidémie fît également d’autres victimes qui furent toujours de jeunes filles.

Il fallut donc trouver une solution rapide, et la possibilité qu’elles étaient les victimes de possessions démoniaques orchestrées par des sorcières fut la plus séduisante aux yeux de la petite ville de Salem.

Le révérend et quelques notables forcèrent ces jeunes filles à nommer les personnes qui leurs avaient jetées un sort. Trois noms furent évoquer en premier lieu, à savoir ceux de Sarah Good, Sarah Osburne et Tituba.

Ces trois femmes présentaient le stéréotype de la sorcière idéale :

  • Sarah Good était une femme qui mendiait dans la rue, elle était d’un certain âge et louchait. Elle était la fille d’une aubergiste qui s’était suicidé quand elle n’était encore qu’une adolescente.
  • Sarah Osburne était une femme alitée qui s’était accaparé des droits d’héritage des enfants de son premier mariage pour le concéder à son deuxième époux.
  • Tituba était une esclave du révérend Parris.

La ville de Salem entre dans une escalade meurtrière

Le 1er Mars 1692, ces trois femmes furent publiquement reconnues coupables de sorcellerie et jetées en prison. Puis d’autres accusations suivirent, comme pour le cas de Dorcas Good, la fille de Sarah Good qui n’est alors âgée que de 4 ans, de Rebecca Nurse, une femme très âgée, à la fois malade et pieuse, d’Abigail Hobbs, de Deliverance Hobbs, de Martha Corey, d’Elizabeth et celui de John Proctor. Ainsi, les prisons furent remplies à une rapidité impressionnante, puisque pas moins de 200 personnes environ furent rapidement accusées de sorcellerie.

Procès à Salem

Illustration d'un procès en sorcellerie à Salem

Cette situation occasionnât un autre problème : comme aucun gouvernement légitime n’était en place à Salem à cette époque, il n’y avait dans un premier temps aucune autorité compétente pour juger ces personnes présumées coupables. C’est à la fin du mois de Mai de 1692 qu’un premier procès put s’ouvrir, avec l’arrivée du gouverneur William Phips.

Sans avoir été jugée, Sarah Osburne succombât dans sa geôle, après avoir donné naissance à une petite fille.

Sur les autres personnes jugées, environ 80, une seule fût relâchée en raison de la rétraction de la part de son accusatrice. Pour les autres accusés, tous les procès aboutissaient à la peine capitale, à savoir la condamnation à mort. Un membre du clergé fut également accusé et condamné.

Elizabeth Proctor, qui était enceinte l’année de son procès, connut une exception : elle ne fut pendue qu’après la naissance de son enfant.

Au cours de l’été 1692, quatre exécutions par crémation eurent lieu, ainsi que 19 pendaisons. Six de ces personnes étaient des hommes et les autres de vieilles dames.

Le cas du vieux fermier Giles Corey fût un peu différent des autres : comme il refusait de se défendre ou d’avouer quoi que ce soit, il fût torturé par une forme de torture connue sous l’appellation de peine forte et dure, qui consiste en l’empilement successif de lourdes pierres sur la poitrine du condamné, jusqu’à ce qu’il soit totalement écrasé. Corey connut la mort après trois jours de souffrances extrêmes et refusa de se défendre jusqu’à son dernier souffle.

Cette chasse aux sorcières entraînât une grande souffrance dans la ville. L’économie de la ville n’avait jamais connu une telle récession : la seule préoccupation de ses habitants se résumait aux différents procès.

C’est en Octobre 1692 que les procès en sorcellerie furent achevé. Les accusés furent un à un remis en liberté jusqu’au printemps de l’année suivante. C’est le gouverneur royal du Massachusetts, Sir William Phips, qui mît un terme à cette vague de procès à la hâte, ayant déjà décidé du sort d’une centaine de personnes. L’arrêt du massacre fut aussi le fruit de l’appel du clergé de Boston, d’arrêter la répression contre ces personnes présumées coupables de sorcellerie, sentant que l’affaire, qui commençait à faire grand bruit, risquait de présenter le puritanisme sous un jour néfaste, et permettre ainsi aux jésuites d’en profiter pour accroître leur influence à-travers l’état tout entier.

Aujourd’hui encore, on ne sait toujours pas comment plusieurs jeunes filles sont tombées malades, sans aucune explication. Une chose est sûre, de nombreux innocent perdirent la vie dans cette vague de répression d’une petite ville soudain prise de folie meurtrière.

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